Afrique Nouvelle
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Congo-Kinshasa
Massacre du 30 décembre 2013 : Mukungubila riposte !
Par Mohamed Mboyo Ey’ekula

Le 30 décembre dernier, les provinces de Kinshasa, de Katanga et de Maniema ont été le théâtre d’un vrai carnage. Ce jour là, au moins 200 partisans de Paul Joseph Mukungubila, pasteur connu pour ses prises de position contre les abus du pouvoir sous Mobutu et surtout sous Joseph Kabila, ont été massacrés par l’armée congolaise. 4 mois après, de son exil en Afrique du Sud, l’ancien candidat à la présidentielle de 2006 revient sur ces événements.
Le 30 décembre dernier, les habitants de Kinshasa, capitale congolaise, sont surpris de voir les émissions de la RTNC, télévision congolaise, interrompues et des jeunes gens, mains nues, apparaître à l’écran avant de les inviter à se lever contre la tyrannie de Joseph Kabila. Mais, les kinois étaient loin de se douter que, ce jour là, se préparait un vrai carnage comme, seul, le régime de Joseph Kabila sait en produire chaque fois que des citoyens congolais, non armés, expriment leur mécontentement ou manifestent.
En réponse aux revendications de ce que, rhétorique cynique oblige, les autorités de Kinshasa nommeront ''les assaillants'', toute la nuit du 30 au 31 décembre, l’armée congolaise, lourdement équipée, se livrera à un massacre. Bombardements, tires à l’arme lourde et surtout actes de barbarie contre des manifestants à mains nues. Le film de la violence sans commune mesure de la soldatesque de Joseph Kabila a fait le tour des réseaux sociaux et, jusqu’à ce jour, l’horreur reste entière !
Le jour qui a suivi, le pouvoir par défi de Kinshasa se lance à une vraie chasse à l’homme. Dans le Katanga, la maison de Mukungubila, dont les jeunes gens massacrés ont revendiqué à la RTNC d'être des fidèles, est bombardée mais le maître des lieux parvient à s’extirper sous une pluie d’obus. C’est le sauve qui peut : femmes, enfants et autres fidèles du pasteur prennent chacun sa direction, mais beaucoup tomberont.
Dans le Maniema, les partisans de Mukungubila ne sont pas épargnés. L’armée congolaise les canarde à volonté. Entre le 30 et le 1er janvier, pendant qu’à travers le monde l’on fêtait avec faste l’avènement du nouvel an, les adeptes de l’église du prophète des nations, tombaient donc comme des mouches. Un rapport de la FIDH fait état d’au moins 200 morts, chiffre que d’autres organisations multiplient par deux voire par trois.
Aux lendemains de ce carnage, les autorités congolaises se lancent dans une campagne de désinformation. Toute la responsabilité de cette affaire est rejetée sur Mukungubila qui, selon Kinshasa, a poussé ses adeptes à perpétrer un coup d’Etat Les soldats qui ont tiré sur des citoyens non armés, de même que ceux qui ont donné les ordres pour ouvrir le feu, ne sont donc pas responsables. Dans la diaspora congolaise, véritable contre-pouvoir au régime de Kabila, le flou se le dispute à l’hésitation. Des positions seront ainsi prises à l’emporte-pièce.
Kabila au banc des accusés
Mais, comme la vérité finit toujours par triompher, Mukungubila, que l’on voulait faire taire à jamais, a réussi à gagner l’Afrique du Sud où il sollicite l’asile. Gêné par sa présence au pays de Steve Biko, Kabila, par interpol interposée, déclenche une procédure d’extradition. Mais grâce au concours de ses avocats et à la mobilisation de la diaspora, Mukungubila déjoue le piège. Et, pour répondre aux manœuvres du dictateur Kabila, il rompt le silence.
Au cours d’une conférence de presse tenue à Johannesburg la semaine écoulée, il en a profité pour remettre les choses à leur place. Et, tout naturellement, Kabila en a pris pour son grade. Car, selon Mukungubila,’’ pour établir les responsabilités, dans cette affaire, il faut d’abord faire la genèse de la situation’’. Ainsi, pour lui, Kabila - qu’il égratigne en le taxant d’imposteur et étranger à la famille de son oncle Laurent Désiré Kabila- est la cause de tout.
‘’Il a massacré mes fidèles dans le Katanga et m’a fait attaquer parce que j’ai écrit deux lettres ouvertes dans lesquelles j’ai dénoncé les accointances entre le pouvoir de Kinshasa et le M 23 et aussi pour son imposture, assène-t-il, alors que sous le maréchal Mobutu, j’avais également adressé une lettre ouverte au chef de l’Etat sans que l’on cherche à m’éliminer physiquement’’. Evoluant dans sa logique, Mukungubila, dénote que ses déboires ainsi que le massacre de ses fidèles sont liés.
‘Mes partisans qui ont été massacrés n’ont fait que réagir à l’attaque de mon domicile qui avait fait l’objet d’un bombardement et je dis que le président Kabila est responsable pour avoir ordonné à ses soldats de faire usage d’armes de combat contre des personnes qui n’étaient pas du tout armées’’, charge-t-il. Ainsi, il invite la communauté internationale à diligenter une enquête pour établir la vérité sur le massacre de ses partisans. Un appel que la communauté internationale semble avoir entendu. Car, des sources onusiennes révèlent que le rapporteur spécial sur les droits de l'Homme au Congo-Kinshasa a déjà été saisi sur cette situation très grave. Car, les rapports des ONG, notamment de la FIDH, sont passés par là!



Edito : ''Joseph Kabila'' et la fronde de la diaspora congolaise


Par Mohamed Mboyo Ey'ekula

Depuis le 1er avril, Bruxelles est la capitale mondiale de la diaspora congolaise combattante et radicalement opposée au pouvoir qu'elle juge illégitime de ''Joseph Kabila''. De France, d'Allemagne, de Grande Bretagne, des Etats Unis, d'Afrique du Sud, du Maroc, de partout dans le monde, les congolais combattants-résistants affluent et manifestent vivement contre la venue de Joseph Kabila en Belgique.
''Kabila'' en Belgique? Cette seule idée irrite au plus haut point les congolais qui voient dans l'invitation adressée au dictateur de Kinshasa, celui-là même qui a asservi le peuple congolais qu'il massacre au gré de ses humeurs, comme une prime aux nombreux massacres qui lui sont imputables et surtout à la dictature.
Joseph Kabila, ''maquisard'' à Kinshasa où il n'apparaît que rarement , indésirable dans la diaspora congolaise, une population que l'on nombre entre 5 et 10 millions, soit entre 2 et 5 fois la population du Congo-Brazzaville, dirige la RDCongo au nom de quelle peuple? C'est là la grande question!
Un pouvoir représente généralement un peuple. Mais, dans le cas de ''Joseph Kabila'', vomi par le peuple congolais dans son ensemble, contesté par les congolais de l'intérieur et vivement rejeté dans la diaspora, il représente finalement qui? C'est donc ce dernier questionnement qui motive la révolution congolaise que connaît depuis le 1er avril Bruxelles et qui risque de s'étendre jusqu'au 5 avril. A moins que ''Joseph Kabila'' rebrousse chemin!
C'est aussi là un message clair du peuple congolais à l'endroit  de l'Union européenne qui, en invitant un sanguinaire à un sommet, aussi déterminant; semble cautionner ses actes les uns comme les autres cruels à l'égard du peuple congolais qui, par deux fois, s'est exprimé contre la présence de ''Joseph Kabila'' à la tête des institutions congolaises. en 2006 et en 2011.
Car, Bruxelles, c'est tout un symbole! Siège des institutions européennes, institutions démocratiques et au service exclusif de la volonté des peuples de l'Union Européenne, peut-elle en même temps servir de tremplin diplomatique à ,régime dictatorial, l'un de plus sanglants que le continent africain puisse encore vivre? Un dictateur qui s'est engagé dans la voie du tripatouillage d'un instrument fondamental de la démocratie : la Constitution.
Inviter des dictateurs pour parler au nom des gens qu'ils briment, comme Kagame et ''Kabila'', dénote d'un manque de considération vis-à-vis de leurs peuples qui paient le prix fort des exactions et atteintes à la vie. dont ils sont auteurs au quotidien. Un mépris que rien ne peut justifier,  mêmes les prétendus enjeux stratégiques.
La révolution congolaise dans les rues de Bruxelles sonne alors comme un rappel à l'ordre à l'Union Européenne pour sa propension à offrir au dictateurs  des occasions de faire la parade alors que chez eux ils se terrent parce que craignant de croiser le peuple. Haro donc à la liberté de soumettre des peuples que l'Union Européenne accorde aux dictateurs africains. haro à la balade que ''Joseph Kabila'' veut s'offrir à Bruxelles, lui qui, à Kinshasa, se taire à Kingati, une ferme enfouie dans la périphérie de la capitale congolaise!
Vive la résistance à toute forme d'oppression.

E
DITO :

Débâcle socialiste aux municipales : Hollande et la malédiction africaine

Par Mohamed Mboyo Ey’ekula -Afrique Nouvelle

Les socialistes français se sont réveillés ce matin avec une gueule de bois qui risque de durer. Laminés par l’UMP et déguerpis dans certaines mairies au profit du Front National, ils doivent certainement se demander dans quel monde François Hollande les a conduits. 150 mairies qui virent au bleu, il y a de quoi se poser des questions. ..car il y a péril en la demeure!

Mais comment en est on arrivé là avec un président normal ? En France, c’est une question d’enjeux internes, c’est à cause d’une demande sociale non satifaite que l’on tentera de justifier l’affront. Mais, en ce qui concerne l’Afrique, la politique africaine de ‘’Papa hollande’’ cher aux maliens en serait la cause. Une politique faites de contradictions et de reniements.

En arrivant au pouvoir, François, le motocycliste le plus célèbre de France, avait d’emblée annoncé la fin de la France Afrique. Nous-nous rappelons encore ces propos : ‘’Nous allons établir avec l’Afrique un rapport de responsabilité, une relation d’égal à égal’’. Naturellement, les africains avaient jubilé de Rabat à Dakar en passant par Libreville.

Mais, le premier geste de François Hollande vis-à-vis de l’Afrique, son voyage en RD Congo où il ne s’est pas gêné de tomber dans les bras de ‘’Joseph Kabila’’, un sanguinaire et antidémocrate, et d’engager une idylle économique avec lui, avait fini par mettre à nu les effets d’une forfaiture électorale, d’une démagogie sans nom.  Mais, le pire allait venir !

Après sa nuit de noces à Kinshasa, avec un vulgaire dictateur qui, du reste n’a pas raté l’occasion de rapetisser davantage le président ‘’normal’’ en se mettant en exergue, l’actuel locataire du palais de l’Elysée, n’a plus fait dans la dentelle. Tous muscles bandés, il a fait comprendre aux africains que les promesses ne comptaient que pour ceux qui y croyaient.

Se prenant pour Tarzan, il a mobilisé ses troupes pour aller faire la guerre au Mali, là où, les africains, dont il appelait à la responsabilité, n’avaient besoin que de logistique pour s’assumer. Il a feu le coup de feu pour s’attirer la sympathie de ses compatriotes et surtout pour monter au sondage. Mais, il avait oublié une chose : les français ne vivent que pour leur ventre et non des exploits lointains ;

Ayant pris le goût à la poudre qui tue, François hollande a décidé de mettre la Centrafrique sens dessus, sens dessous. Après avoir mis sur la sellette la Séléka, il a organisé une situation de chaos pour justifier une nouvelle présence militaire africaine en France au moment où la tendance était au désengagement. Mais, il était loin d’imaginer qu’en Afrique, qu’en on allume le feu, l’éteindre est une équation.  

Du coup, il s’est vite embourbé dans une situation qui a davantage mis en mal l’image de la France. Plus que Sarkozy, il est aujourd’hui un va-t-en-guerre. Un président qui, pour trouver des solutions à la crise dans son pays, crée des situations explosives ailleurs. Les valeurs sur lesquelles la France repose la démocratie française, il n’en a cure !

Mais, l’Afrique étant connue pour être une malédiction pour les présidents français canailles, comme Giscard avec les diamants de Bokassa et Sarkozy avec les millions de Ghadafi, la chute sera terrible…François doit s y attendre. A moins qu’il fasse amande honorable  vis-à-vis d’un continent dont il a méprisé les martyrs des dictateurs qu’il a conviés en masse l’année dernière à un sommet pour rien, la malédiction africaine le poursuivra comme son prédécesseur.


Edito:
Informer autrement...
Par Mohamed Mboyo Ey'ekula
Directeur des publications

L'Afrique est souvent présentée sous la loupe des plumes extérieures. Des plumes qui s'évertuent généralement à la brocarder au gré des humeurs stratégiques. Rarement peinte comme ce continent qui pourvoit aux besoins d'évolution de la planète, dans bien des médias internationaux, ce sont ses seuls maux, d'ailleurs indépendants de sa volonté, qui sont étalés non sans malice.
Changer ce profil noirci de notre continent, c'est cette mission que nous nous assignons : traiter l'actualité africaine sans artifice. Comme elle est et comme elle doit être vue. A travers des papiers de proximité, des analyses sans complaisance et surtout des reprises qui valent le détour. Nous informerons, certes, à contre-courant, mais nous le ferons avec justesse et respect de la déontologie.
Nous nous attellerons à mettre en exergue tout ce qui bouge tout autant que nous dépeindrons sans parti pris tout ce qui n'avance pas. Afrique Nouvelle, c'est en somme, une nouvelle voix que nous donnons au continent pour se faire entendre. Le pari est risqué, mais nous osons croire, ''oser, c'est gagner'', que nous arriverons à bon port. Avec, bien entendu votre soutien. Votre précieux soutien, chers lecteurs.
Alors bienvenus sur Afrique Nouvelle.

A la Une:

Congo-Kinshasa:
Révision constitutionnelle : l'Udps et alliés s'opposent!


Au nom de ses pairs de l'Udps & Alliés ainsi que des partis politiques de l'opposition représentés à la Chambre Basse du Parlement, l'Honorable Samy Badibanga Ntita est monté au créneau, ce jeudi 27 mars 2014.

Objectif ? Fustiger l'absence de volonté politique et le non-respect des textes, deux obstacles majeurs qui, selon lui, empêchent l'émergence d'un Etat de droit en RD-Congo. Il en veut pour preuve, l'idée de la révision de la loi fondamentale qui se fraye du chemin et qui voudrait passer par le référendum populaire, en visant le mode de scrutin, le nombre, la durée et le caractère illimité des mandats du Président de la République. De la sorte, analyse-t-il, par la révision constitutionnelle de la Constitution, le mode de scrutin des Députés provinciaux passerait du scrutin direct au scrutin indirect (art 197). Et, par le changement de la Constitution via le référendum populaire, l'objectif serait d'élire le Président de la République au scrutin indirect, d'instaurer un septennat et d'établir un système des mandats illimités (art 220).

Pour l'élu de Mont-Amba, il appartient à la CENI d'adapter son travail à la Constitution et non l'inverse. C'est, dit-il, l'épreuve de compétence que doit relever l'équipe dirigeante de la Centrale électorale. Par ailleurs, insiste-t-il, c'est le refus d'une frange de politiques au pouvoir de tirer les conséquences de l'article 220 qui érige en dispositions intangibles les questions relatives au nombre et à la durée des mandats du Président de la République qui justifie les convulsions politiques actuelles, donnant ainsi en spectacle, la RDC aux yeux de l'opinion tant nationale qu'internationale. Et, à lui d'ajouter : "qu'à y regarder de près, au lieu de préparer l'alternance démocratique dans le respect des règles de l'art et de s'assurer d'une sortie honorable, le pouvoir en place fait de la résistance et voudrait expérimenter des formules périlleuses qui ont valeur d'usine à gaz".

Samy Badibanga, tirant ainsi la sonnette d'alarme, exhorte les forces vives de la nation à rester vigilantes et la communauté internationale qui joue pour sa crédibilité, de prendre la mesure de la gravité de la menace afin de ne laisser place à aucune velléité de violation du droit ou de fait de la Constitution de 2006, socle du consensus national chèrement acquis. Découvrez, ci-après, l'intégralité de la Déclaration du groupe parlementaire Udps et Alliés et des partis politiques de l'Opposition représentés à l'Assemblée nationale en rapport avec l'idée de la révision constitutionnelle.



Maroc Des migrants congolais dans les forêts marocaines


Par Mohamed Mboyo Ey'ekula

Au Maroc, des Congolais vivent dans des forêts dans un dénuement total, avec l'espoir de franchir les hauts grillages qui les séparent des enclaves espagnoles, portes d'entrées pour l'Europe tant espérée. Le plus souvent en vain.

Dans la forêt de Fnideqaux confins du Maroc près de la frontière des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, des tentes de fortune entre deux rangées de grands arbres, devant l’une d’elles, une dame, son bébé dans le dos, s’active devant un foyer d’où monte une fumée épaisse. A côté, assis sous un arbre mort, un groupe d’hommes de 20 et 25 ans, devisent bruyamment. ’’Nous sommes du Congo-Kinshasa et nous sommes ici pour chercher les moyens de nous rendre en Europe’’, dit l’un d'eux.
"Lorsque les migrants entrent dans la forêt, soutient Serge Nguemo, membre du conseil des migrants, une organisation créée par des migrants pour sensibiliser, eux-mêmes, sur leurs problèmes, c’est pour procéder à des attaques." Dans le jargon des migrants, attaque signifie passage en force du grillage tranchant de 7 mètres de hauteur qui sépare l’Espagne du Maroc. Pour réussir une "attaque", les migrants opèrent en grand nombre, plusieurs centaines. "C’est pour faire face aux gardes civils espagnols ou aux soldats marocains qui nous empêchent d’entrer en Espagne", explique Lino, un migrant congolais. Ils s’arment aussi de toutes sortes d’outils pour y parvenir : pinces, scies ou encore des gourdins pour se défendre. Mais, si certaines attaques aboutissent, comme début septembre 2013 où plus de 150 migrants avaient réussi à défoncer le grillage de Melilla, "elles sont aléatoires, une sur 10 réussit", affirme Reuben Odoï de Terre des Hommes.
La dernière en date, le 22 janvier, a réuni 800 migrants d'Afrique sub-saharienne repoussés par les forces de sécurité marocaines averties par les Espagnols qui surveillent la frontière à l'aide d'hélicoptères et de caméras. Aucun migrant n'a pu passer.

Désillusions
De nombreux Congolais campent ainsi dans des forêts marocaines proches de Tanger, Oujda et Nador, des villes. Selon des chiffres officieux, quelques 3 500 congolais séjournent au Maroc. "Beaucoup sont des dignitaires du régime de Mobutu qui sont réfugiés ici, des étudiants mais aussi les victimes des passeurs de migrants", avance Franck Camara de l’Organisation démocratique des travailleurs immigrés (ODTI), syndicat des immigrés créés en 2012.
On y trouve aussi des Sénégalais, les plus nombreux, des Camerounais, des Guinéens, des Ivoiriens, des Maliens…que les autorités marocaines chiffrent entre 40 000 et 50 000. Avant, ils partaient dans des embarcations des fortunes pour rejoindre les côtes espagnoles, mais depuis l’activation en 2012 de Frontex, l'opération de sécurisation des frontières européennes sur la Méditerranée, le seul espoir des candidats à l’immigration est de rentrer par Ceuta et Mellila.
Mais le plus souvent la désillusion est au rendez-vous comme le reconnait Lubaki, un autre Congolais : "Je suis restée plus de dix mois dans la forêt, mais je n’ai pas réussi à pénétrer dans l’enclave espagnole". "Pour entrer dans la forêt, révèle Pablo, un candidat malheureux à l’immigration qui s’est cassé les deux jambes en tombant du grillage de Mellila qu’il avait réussi à escalader fin septembre, il faut prévoir des vivres". Mais très souvent, faute de moyens, la majorité des migrants y entre sans provisions. Ils sont ainsi obligés de vivre à l’état sauvage ou d'attendre des vivres apportés par des organisations caritatives espagnoles qui régulièrement visitent les migrants dans les forêts pour les soigner.

Misère et conflits armés
"Si nous tenons tant à aller en Europe, c’est parce que là-bas au moins on peut changer de condition : avoir un travail et manger à sa faim", clame Aimée, une Congolaise qui a vécu plusieurs mois dans la forêt de Gourougourou non loin de Melilla. "Ils ne vivent pas dans la forêt parce qu’ils le veulent, soutient Cheick Mohamed Sylla, membre d’une organisation de défense des droits des migrants, mais par crainte des tracasseries policières car ils sont généralement en situation irrégulière au Maroc".
La majorité de ces Congolais justifie ce choix de l'immigration par la misère. "Chez nous au Congo-Kinshasa, les gens vivotent. C’est difficile de trouver un travail bien rémunéré et la vie y est dure", déplore Romain, un adolescent qui a bravé tous les dangers pour venir au Maroc. Lino, un ancien enseignant du secondaire est tout aussi défaitiste. "Travaillant à Kinshasa, je ne gagnais que 20 $ par mois. Un salaire qui ne me permettait pas de m’acheter un pantalon dans une boutique". Les conflits sont aussi l’autre raison du désespoir de certains Congolais "maquisards". "J’ai été violée en 2009 lorsque la ville de Rutshuru est tombée aux mains des rebelles. Dégoutée, j’ai pris la route sans trop y réfléchir", affirme Préciose, originaire du Nord-Kivu.
Malgré une vie de clandestins sans moyens et des espoirs régulièrement déçus, ces Congolais ne veulent pas rentrer au pays, sans avoir forcé le destin car "voir l’Europe ou mourir" est leur devise.

Mohamed Ey'ekula